08/03/2013 – HARAJUKU / SHIBUYA

08/03/2013 – HARAJUKU / SHIBUYA

8 mars 2013 0 Par Beckuto Vongola

– DIRECTION HARAJUKU –

Première chose que Ryo* veut me montrer dans ce quartier, c’est la boutique d’articles de foot, sur plusieurs étages. À la TV il passait une rediffusion d’un match de Ligue des Champions de la veille, Manchester United bien entendu, ici Kagawa est devenu une superstar, pas autant que Honda, mais grand quand même. J’aperçois de toutes petites figurines à l’effigie des joueurs du Real Madrid, équipe préférée du Fratello* ; ni une ni deux je lui en achète une d’Iker Casillas, le gardien de but espagnol. Un petit cadeau pour un grand bonheur. Ryo, quant à lui, se dirige vers les maillots officiels de l’équipe du Japon. Son choix se porte sur le maillot Blanc qui est de toute beauté. Pour ne pas faire les choses à moitié, il va directement se le faire floquer avec le numéro et le nom de HONDA. Pendant un moment en voyant le résultat on a eu un doute, Honda n°4 ça paraissait étrange, dans notre esprit il était le n°7, pas le 4, mais après vérification il était bel et bien le 4 et non le 7, c’est comme çà.

On ressort de la boutique avec le sourire, on se fait plaisir et on fait plaisir aux autres, une belle journée s’annonce.

ON PART EN DIRECTION DE L’IMMENSE PARC YOYOGI-KÔEN

… à côté, entre autres, du sanctuaire Meiji Jingu. On marche sous un soleil chaud, mais chaud ! 20° pour la journée, en temps normal ce n’est pas énorme, mais ici ça se ressent vraiment différemment ; sommes-nous vraiment encore en Hiver ?

Le parc et le sanctuaire sont paisibles, tranquilles et silencieux surtout. De la végétation assez sèche se trouve un peu partout, malgré le ruisseau qui coule pas très loin. On s’arrête un moment sous une hutte ouverte, de quoi se mettre à l’ombre et faire une légère pause. Un ancien semble se reposer sur un banc à côté, ou alors il médite paisiblement. Pas la peine de le déranger plus longtemps. Ryo décide de mettre son maillot du Japon acheté précédemment, il n’a pas pu attendre, il fallait qu’il l’ait sur lui tout de suite ; technique d’intégration réussie.


Parfois ils nous arrivent de péter un câble et de partir dans des délires ensemble, ce matin-là, ce fut le cas. Tout en continuant de marcher, je regarde Alex et je commence :

BV : “Guess who’s back ?”

Ni une ni deux, il comprend où je veux en venir et renchérit :

Ryo : “Back again !”

BV : “Shady’s back”

Ryo : “Tell a friend”

Puis on reprend en cœur :

“Guess who’s back, guess who’s back, guess who’s back, guess who’s back guess who’s back, guess who’s back.”

Et là arrive le moment où l’on ne connait plus du tout les paroles et on se lance dans un yaourt en essayant d’imiter le phrasé ultra rapide d’Eminem. Oui nous sommes fan et nous sommes timbrés dans nos têtes, mais ça fait un bien fou de temps en temps. Un japonais passe à côté de nous avec un pick-up, vu le regard qu’il nous a tiré, je pense qu’il n’oubliera pas ces 2 têtes d’ahuri de sitôt. Ça lui donnera quelque chose de marrant à raconter à sa femme et ses enfants ce soir, à la manière d’Obélix : “Ils sont fous ces Gaulois !”

HUM, SOYONS PLUS SÉRIEUX…

… on poursuit notre route et arrive sur une grande plaine, l’endroit rêvé pour se poser et se relaxer un moment. On s’installe sous un arbre, sur de l’herbe sèche. Pas un bruit aux alentours, juste un léger clic, réalisé par le drapeau du Japon placé au top d’un haut poteau. Mais ce son est agréable, ce n’est pas comme celui de l’horloge qui agace, non celui-ci fait plus office de petite cloche. Ryo se couche carrément au sol, la relaxation jusqu’au bout. Pour ma part je reste assis, le regard au loin, observant ce qui m’entoure, comme à mon habitude, cherchant quelque chose à retenir. Cet endroit m’inspire, on y est tellement bien que tous nos sens s’éveillent ; je sais que je me souviendrais de cet endroit, par les sons, par les odeurs, par la vue, par le toucher ; oui je me souviendrais de cet endroit comme d’un havre de paix pour un instant, un instant seulement.

En repartant j’aperçois une tortue nageant dans l’eau, ce fut court, mais à cet instant précis, j’ai réalisé toute la chance que j’avais d’être là, en paix avec moi-même et avec ce qui m’entourait. La nature nous touche au moment où on s’y attend le moins.


– DIRECTION SHIBUYA –

Sûrement un des quartiers les plus connus de Tokyo, mais si je vous assure, vous le connaissez !

Un quartier où se trouve l’immense carrefour à la sortie de la gare. Ce carrefour remplit de personnes à toute heure de la journée et de la nuit. Si New York est la ville qui ne dors jamais, on peut dire que Shibuya est le quartier qui ne dort jamais.

Ça fait quand même peur de voir çà sous nos yeux, c’est assez oppressant une fois au milieu de ces centaines de personnes. Vu de haut, c’est comme une scène qui se répète indéfiniment. C’est fou de voir que l’être humain est dirigé par de simples choses insignifiantes : 2 couleurs. Vert on avance, Rouge on s’arrête ; comme çà, automatiquement, parce que dès notre naissance, on a été programmé dans ce sens-là. Pourquoi ? Pourquoi se faire çà soi-même ? Pourquoi s’enlever personnellement une liberté ? On est fous quand même. Vert on avance, Rouge on s’arrête ; et celui qui fait le contraire sera traité de cinglé, à lui la faute s’il perd la vie en se faisant faucher par une voiture, à lui la faute s’il cause un accident, à lui la faute s’il remet tout en question, à lui la faute si le contrôle de l’Homme est perdu. Vert on avance, Rouge on s’arrête. Vert on avance, Rouge on s’arrête. Vert, Rouge.

TOUTE CETTE RÉFLEXION ME DONNE FAIM ET LE VENTRE DE RYO NE ME CONTREDIRA PAS…

… il faut qu’on mange. Une fois cet acte de survie réalisé, on part refaire les boutiques. Je trouve le databook Beck Live! et le tome 39 de Reborn, tandis que Ryo continue son repérage de figurines à acheter durant la 4è semaine où nous serons de retour à Tokyo. Il va y avoir de l’enflammage, c’est moi qui vous le dis, des commerçants vont s’enrichir ! On arrive près d’un Book-Off, une boutique d’occasion remplie de livres, CD et DVD, mais quand je dis occasion, ça veut tout à fait dire neuf, parce qu’au Japon ils prennent vraiment soin de ce qu’ils ont. Je fais aussi du repérage pour quelques CD que je prendrais sûrement plus tard, notamment celui d’Atoms For Peace, le nouveau groupe du génial Thom Yorke avec Flea et Nigel Godrich. Par contre je n’ai pas trouvé de disquaires, alors que ce quartier est considéré comme celui des musicos. Je n’ai pas bien cherché, je recommencerais une prochaine fois.


On retourne à l’hôtel, Ryo parle via Skype avec sa mère et MC*, tandis que moi… et bien j’écris dans ce carnet.



(*) Comme souvent dans mes récits, les prénoms sont évidements changés (respect de la vie privée e tutti quanti).