14/03/2013 – KIYOMIZU-DERA…

14/03/2013 – KIYOMIZU-DERA…

14 mars 2013 0 Par Beckuto Vongola

Départ sous un vent glacial malgré un ciel plutôt dégagé ! Aujourd’hui, on reprend la visite des Temples / Sanctuaires bien connus de Kyoto. Le premier bus que l’on doit prendre… n’est toujours pas sur la ligne JR donc on doit encore payer (mais à quoi sert ce JR Pass non di diou?!), heureusement qu’ici c’est moins d’1€. On jette notre dévolue sur le Temple Kiyomizu-dera, un ensemble de Temples bouddhiques et shintoïstes. On rentre d’abord par la porte Niô-mon tout de rouge écarlate, comme-ci cette bâtisse n’avait jamais connu les dégâts du temps, puis on arrive au bâtiment principal qui se trouve à flanc de colline – la vue sur la ville est une nouvelle fois grandiose. C’est immense, on a l’impression de dominer la ville et à la fois d’être totalement absorbé par toute la végétation abondante qui nous entoure. Voir ce paysage avec les arbres complètement fleuris doit être un spectacle bluffant.

À LA SORTIE DU TEMPLE ON SE RETROUVE DANS UNE RUE DESCENDANTE COMPLÈTEMENT ATYPIQUE, ON SE CROIRAIT DANS UN VILLAGE NINJA.

On croise d’ailleurs 2 Geishas qui se font photographier par la plupart des touristes alentour. Et là dans une toute petite rue discrète on aperçoit une boutique GhibliRyo* est aux anges, c’est pour lui ce genre de boutique. Tout est discret, personnels discrets, décorations discrètes et soignées, on s’y sent vraiment bien à l’intérieur. Pas besoin d’en faire trop pour un accueil chaleureux.


Les prochains Temples ne sont pas très loin, alors on évite le bus et profite du temps qui s’est amélioré (au revoir le vent). On se retrouve entouré d’eaux, des fontaines par-ci, des fontaines par-là, de petites chutes d’eau, on traverse plusieurs petits ponts, ambiance zen garantie.

EN ARRIVANT DANS UN PARC/TEMPLE…

… (ne sachant comment le définir) on passe à côté de 3 Japonais (deux gars et une fille) en train de tourner ce qui semble être une scène pour un drama (les séries TV Japonaises) – sûrement encore une de ces histoires d’amour à la mord moi le nœud… – malheureusement pour eux, ce n’est pas très autorisé si l’on n’a pas d’autorisation (c’est Ryo qui le dit), alors très vite on voit un policier venir leur dire d’arrêter et de repartir. Dommage on aurait peut-être pu se retrouver à l’arrière durant leur scène – notre passage au Japon à jamais gravé dans une série locale. On continue notre chemin dans ce parc qui semble être le lieu de rendez-vous des homosexuels, depuis le début de notre voyage on n’en avait quasiment jamais vu dans la rue, là en quelques minutes on a dû voir 6 ou 7 couples. Je ne sais pas si là-bas c’est encore plus tabou que chez nous, s’ils sont obligés de se cacher ou non, ou alors c’est juste une sacrée coïncidence qu’ils se retrouvent tous ici aujourd’hui. Vu le côté assez “fermé” de ce grand parc, je pense comprendre pourquoi ils ont choisi ce lieu.


PLUS LOIN ON ARRIVE PRÈS D’UNE MONTÉE AVEC DES PANNEAUX SENS INTERDIT…

… mais aucune barrière n’est là pour nous empêcher de monter dans ce qui semble n’être qu’une simple forêt… HA HA HA naïf que nous sommes. On ose aller là où personne ne va, mais si personne n’y va ce n’est pas pour rien. Ryo lui ne l’entend pas de cette manière et y va quand même malgré que je lui fais bien comprendre que tout est réuni pour justement nous dire que c’est bel et bien interdit. On monte dans la forêt, c’est vrai que c’est beau, mais très vite on remarque qu’en fait si c’est interdit de venir ici, c’est parce que c’est une résidence et qu’il y a des maisons et des jardins. OK au premier coup d’œil ça semble laissé à l’abandon, mais il y a des signes qui ne trompent pas : des arrosoirs à côté des fleurs, des chaussures devant une entrée, un chiffon sur un filet de linge, des boîtes aux lettres… c’est habité bordel et on est des hors la loi ici !

Bon, c’est vrai que tout était beau et que ça valait le coup d’œil, mais on a quand même joué avec le feu à ce moment-là. Et en continuant à se balader, on arrive dans un Temple qui se situait juste à côté – on ne l’avait même pas vu sur la carte. Et là s’est passé l’un des moments les plus délirants de notre road-trip, Rocky Balboa en personne est apparu devant mes yeux ! Il a tout fait, la montée des marches en accéléré, les coups de poing dans le vent et la musique “Eye Of The Tiger” de Survivor a retenti pour célébrer sa force, sa puissance, sa rapidité et notre connerie… oui c’est Ryo lui-même qui a reconstitué cette scène mythique dès lors qu’il a vu ce nombre incalculable de marches que l’on devait grimper. Il a osé le faire, il était mort à l’arrivée, mais c’était pour une bonne cause : la joie communicative. Et lorsque l’on s’amuse de cette manière, la journée passe vraiment vite. Il est déjà l’heure pour la plupart des Temples de fermer leurs portes et pour nous de retourner au centre-ville.

ON TENTE TOUT DE MÊME NOTRE CHANCE AVEC UN PETIT TEMPLE SITUÉ JUSTE DERRIÈRE LA GARE…

… et il est bel et bien ouvert, mais peu de bâtiments sont visitables. En ce début d’année 2013, le Premier Ministre Japonais a lancé un plan de grande rénovation des temples / sanctuaires du pays et parfois ils nous arrivent de tomber sur l’un d’eux, résultat : bâtiments inaccessibles.

On retourne donc à la gare pour manger et pour une fois on se sépare, Ryo choisissant un restaurant spécial Sushis et moi un restaurant plutôt typé Italien, mais Italien à la sauce États-Unis des 50’s. Une fois dedans je me rends compte que la déco est en effet typé 50’s, mais la musique c’est le bonheur pour les amoureux du Rock 60/70’s. Manger de très bonnes Penne Rigate à la Carbonara avec en fond sonore des titres des WHO, Beatles, Led Zeppelin, Johnny Cash, Rolling Stones, Doors, Deep Purple, Jimi Hendrix, Pink Floyd et j’en passe, putain que l’appétit est au rendez-vous dans ce petit bout de paradis – si l’on excepte le fait que c’est fumeur ici… bandes d’enculés de pollueur de poumons !


Une fois bien mangé et bien bus (jus d’orange ou “Olandje Djousse” comme la serveuse le prononce), je retrouve Ryo dehors qui lui aussi s’est bien pété l’estomac avec de la poiscaille à volonté. Le bar à sushi, le nouvel ami de Ryo.


EN RENTRANT À L’HÔTEL…

Ryo parle avec ses parents sur Skype, tandis que je me rends au rez-de-chaussée pour profiter de l’ordinateur et d’internet gratuit. ENFIN je peux écouter le nouvel album d’Omar Rodriguez-Lopez ¿Sólo Extraño?, la pochette est loin d’être sa meilleure, mais la musique est des plus intéressantes. Je crois que si je n’avais pas pris mes écouteurs avec moi, plus d’un Japonais à la réception se serait demandé “Mais quelle merde il écoute ce blanc ?”, alors que non c’est loin d’être de la merde, c’est une nouvelle évolution sonore pour ORL ! Un génie ce mec, il ne le prouve pas avec ce nouvel album, mais suffit d’écouter le reste de sa discographie pour s’en rendre compte.

40 minutes plus tard, je remonte dans la chambre et avec Ryo on redescend, direction le bain public pour notre instant décontraction. En sortant du bain et en nous rhabillant, on se rend compte que l’on a oublié notre carte qui nous donne accès à notre chambre… OH LES GRANDS BOUFFONS DE SERVICES !!!

Bien sûr, Ryo, grand courageux parmi les Hommes, se défile et se sert de l’excuse “Tu parles mieux Anglais que moi” pour m’obliger à aller expliquer notre situation à la réception. Encore heureux qu’on avait notre sorte de peignoir et qu’on n’était pas qu’avec de petites serviettes pour cacher notre masculinité… bon ben c’est à moi d’aller expliquer au gentil Japonais qui se demande sûrement ce que fout ce gars, aux cheveux encore un peu mouillés, à la réception à cette heure-ci… bah oui, on est des Français très têtes en l’air qui ont oublié de prendre la carte de leur chambre.

Ô joie, le respect et la servitude légendaire des Japonais sont les bienvenues dans ce genre de situation, l’hôtelier nous accompagne jusqu’à notre chambre, nous ouvre et nous souhaite bonne soirée, sans même vérifier si notre histoire de carte était vraie – pleine confiance, total respect man !

Technologie 1 – 0 Ryo/BV



(*) Comme souvent dans mes récits, les prénoms sont évidements changés (respect de la vie privée e tutti quanti).