19/03/2013 – MIYAJIMA

19/03/2013 – MIYAJIMA

19 mars 2013 0 Par Beckuto Vongola

Aujourd’hui on se rend sur l’île sacrée d’Itsukushima qu’on appelle plus couramment Miyajima, se trouvant en face d’Hiroshima. Pour y accéder on prend un ferry, la traversée n’est pas très longue, juste de quoi nous régaler avec cette merveilleuse vue de l’île qui se découvre petit à petit. Le soleil étant au rendez-vous, rien n’est présent pour gâcher ce moment. Plus on s’approche de l’île et plus mon envie d’entonner la chanson de “Jurassic Park” se fait ressentir, je ne peux m’empêcher j’ai l’impression d’être le jeune Tim qui découvre pour la première fois l’île, j’espère juste qu’aucun dinosaure ne soit présent…

PREMIÈRE CHOSE À APERCEVOIR AVANT D’ARRIVER SUR L’ÎLE : LE “TORII FLOTTANT”

… porte d’entrée d’une merveille de la nature. Une fois les pieds posés sur le sol de Miyajima, nous sommes directement accueillis par des Cerf Sika… MAIS ILS NOUS ONT SUIVI ??? ON N’A PLUS DE BISCUITS, ON VOUS L’A DÉJÀ DIT !!! Y’EN A PLUS, FINI, BASTA !!! … mais ils sont tellement mignons ; bon allez, c’est pas grave, si on trouve des biscuits secs, on vous les amènera.

On se retrouve donc à Saint-Tropez… euh… Vraiment ?? Ah mais ce n’est qu’une façade d’un restaurant qui porte ce nom (allez, avouez que vous y avez cru un petit instant ! Un tout petit instant ? Un mini instant ? Pas du tout ? Bon…). Avec la belle plage à notre droite, on se rend vers le sanctuaire Itsukushima-jinja, un trésor national. Rouge, blanc et noir sont les couleurs principales des bâtiments reliés entre eux par plusieurs pontons. C’est très grand et bien sûr rempli de touristes – symphonies de clic-clic des appareils photo. Dans une salle ouverte vers l’extérieure on entend un rituel en cours, en s’y rendant et en y assistant en tant que spectateur, on ne comprend pas plus que çà ce qui se passe… peut-être l’équivalent d’une communion chez nous, il y a un jeune garçon, très bien habillé, qui est au centre de cette cérémonie. On n’y reste pas plus longtemps.


AVANT DE PRENDRE LE TÉLÉPHÉRIQUE POUR SE RENDRE AU SOMMET…

… on fait le tour du bas de l’île, en fait on se balade dans la ville qu’abrite ce lieu si à part. Comme on sait qu’une longue après-midi de marche nous attend, on préfère prendre le temps de bien manger avant de retourner vagabonder sur les sentiers de la forêt dense. On jette notre dévolu sur un petit restaurant sur la droite de l’île ; au menu d’aujourd’hui : Nouilles Soba, toujours avec un peu de légumes et de viandes pour accompagner le bouillon. Ryo* comme à son habitude prend un plat très diversifié (mais où va toute cette nourriture??) ; 800 yens le repas (5,80€), on ne peut pas dire que l’on se ruine pour manger ici.

Après avoir un peu digéré, il est temps pour nous de nous rendre au téléphérique afin d’effectuer notre grimpette assistée, fainéant que nous sommes – pour le moment. Notre chemin passe par le parc Momijidani, splendide en automne avec son mélange de feuillages multicolores : vert, rouge, orange et jaune ; malheureusement pour nous, on aura le droit qu’au vert à cette époque de l’année ; cela reste très beau à voir. Quand la nature n’est pas détruite par l’homme, ça ne peut qu’être époustouflant. Comme cette île est sacrée, aucun arbre ne peut être abattu, la nature a tous les droits ici, et j’espère qu’aucun Homme ne pourra y changer.

POUR POUVOIR PRENDRE LE TÉLÉPHÉRIQUE ALLER-RETOUR, ON DOIT PAYER 1800 YENS (13€)…

… mais au final on ne fera que la montée, préférant explorer l’île lors de notre descente. Avec nous dans la cabine se trouve un couple de Japonais avec leur petite fille, émerveillait face au paysage qui se dessine devant et en dessous d’elle ; on passe juste au-dessus de la forêt dense – attention, la tête du T-Rex risque de sortir ! Quelques jeunes Japonaises nous font signe lorsque l’on croise leur cabine qui redescend, pour une fois que ce n’est pas une personne âgée qui nous montre de l’intérêt. Les premiers sons que l’on entend une fois arrivé au sommet du Mont Misen (530m) sont assez inattendus :

“Mario-chan ! Mario-chan !”

Toute une bande d’écoliers en extase face au T-Shirt Mario Bros que porte fièrement Ryo ce jour-là. “Chan” étant un suffixe affectif, il y en a plusieurs en japonais pour différentes relations (chan, san, kun, sama etc.). Être accueilli de cette manière rend Ryo très heureux et nous permet de bien rire, avant de rester bouche bée face à l’incroyable panorama 360° offert par le sommet du mont – tout simplement sublime. Le seul élément qui gâche nos photos est la brume discrète au loin, malheureusement bien accentuée sur les clichés ; mais tant que nos yeux voient bien, on se fout de gâcher des images, les plus importantes étant celles inscrites dans nos mémoires.


J’ai déjà eu auparavant l’occasion de me retrouver sur une île au large de l’Espagne, l’Isla Cíes, et sincèrement en comparant la vue au sommet du grand phare de la Cíes et la vue à ce Mont Misen, il n’y a pas photos, le Japon gagne haut la main ! Le côté “être en phase avec la nature” est considérablement renforcé ici. J’aperçois d’ailleurs au loin, en plein milieu de la forêt et bien en altitude, une petite cabane en bois ; je ne sais pas si elle est habitée par un ermite ou si elle sert de refuge pour un garde forestier ; j’aime à penser qu’un clochard céleste du nom de Ray Smith / Jack Kerouac s’y trouve, écrivant ses pensées bouddhistes, le regard au loin.


PLUS SURPRENANT QUE LE “MARIO-CHAN” DES ENFANTS…

… voilà qu’un adulte qui nous a entendu parler français se retourne et nous demande “french ?”, bien sûr qu’on l’est ; et là arrive la plus grande surprise linguistique de ce road-trip, cet homme nous lance un magistrale :

“Tssidane !”

Zidane, représentant officiel de la France à Miyajima ! Ce “Tssidane” était tellement bien sorti, merci monsieur pour ce joyeux moment.


APRÈS S’EN ÊTRE PRIS PLEIN LES YEUX À 530 MÈTRES D’ALTITUDE…

… on décide de redescendre le mont à pied et non avec notre ticket retour pour le téléphérique – autant en profiter un maximum. Une longue après-midi de marche s’annonce ; normalement ça devrait descendre donc ça devrait être facile… si seulement. À la suite de quelques minutes de marche vers le bas, justement, voilà qu’arrivent les premières surprises : il faut parfois remonter pour pouvoir redescendre de l’autre côté par la suite… HAHAHA bande de salauds ! Heureusement que mes ampoules aux pieds sont quasiment soignées, mais ça reste tout de même difficile de suivre le rythme – mes poumons ne sont pas non plus ce que j’ai de mieux formés dans mon jeune corps. Sur la route on croisera des Espagnoles, des Américains et des Australiens, rares sont les fois où l’on croise des étrangers lors de nos marches. Les Cerf Sika sont encore présents autour de nous, certains avec des bois non coupés sur la tête – mieux vaut donc pas trop les déranger.

AU BOUT D’UNE BONNE HEURE DE MARCHE, PLUS PERSONNE AUX ALENTOURS…

… l’île nous appartient à présent, nous en sommes les maîtres ! On va où on veut, quand on veut et… non en fait on ne peut que suivre la route prédéfinie, mais on s’éclate bien tout de même se prenant pour des Indiana Jones ou Nathan Drake en herbe – doux rêve. On arrive près d’une grande cascade quasiment asséchée, à part un peu d’eau qui s’écoule encore des 5 trous dans la roche, il ne reste plus grand-chose. On s’y pose un moment, profitant du calme alentour ; Ryo prend des photos pendant que j’enregistre de mon côté, avec mon portable, les bruits qui nous entourent – pour une prochaine probable composition musicale -, cet endroit est très inspirant.

Au fil de notre descente on ré-aperçoit de plus en plus le magnifique sanctuaire Itsukushima-jinja, on arrive bientôt au bout, on va pouvoir reposer nos pieds. Avant-dernier arrêt, un petit Temple où l’on peut faire retentir une énorme cloche – boucan assuré. Je ne me sens pas très bien, mes jambes tremblent et je sens qu’au niveau du cœur ça commence à s’emballer – enfoirés de poumons qui font tout déconner -, je laisse donc Ryo visiter le Temple pendant que je sirote ma bouteille d’eau, assis sur un banc en bois près de l’entrée d’une belle bâtisse. En ressortant, Ryo me montre les photos qu’il a pris, des bougies et seulement des bougies illuminent l’intérieur ; si c’est reposant rien qu’en regardant les photos, je n’ose imaginer la paix ressentie une fois dedans.

17H00, après avoir acheté des éventails pour mes grand-mères, et Ryo des drapeaux décoratifs pour ses parents, on décide de repartir – le soleil commence déjà à émettre sa lueur orangée du soir.

Le Torii dévoile toute sa splendeur grâce à cette luminosité. Une fois dans le ferry, petit coup d’œil en direction de l’île qui s’éloigne pour en rejoindre une autre, beaucoup plus grande.


ON REPREND LE MÉTRO POUR REVENIR AU CENTRE-VILLE D’HIROSHIMA.

On se re-balade un peu dans la ville pendant la soirée, puis on retourne à l’hôtel. Pour le repas, on va se prendre nos sandwichs et plats de spaghettis bolognaises au Kombini d’en face et devinez qui nous précède sur le chemin ? La jeune Japonaise croisé hier soir, au même endroit et quasiment au même moment – quand les coïncidences sont là. Après un bon repas, ça commence tout de même à me manquer l’instant dans le bain public, ça permettait de bien digérer et de se reposer, surtout qu’aujourd’hui a été une journée bien remplie en temps de marche. Je crois que cette nuit si je rêve que je suis en train de marcher, je me réveille et me tarte la tronche !

Rituel du soir, Ryo parle un peu avec ses parents et MC, puis on regarde une série et au lit ! Les voisins semblent calmes, pas de folies ni de collisions corporelles, on peut maintenant dormir tranquillement.



(*) Comme souvent dans mes récits, les prénoms sont évidements changés (respect de la vie privée e tutti quanti).