THE BLACK ANGELS – INDIGO MEADOW

THE BLACK ANGELS – INDIGO MEADOW

2 août 2013 0 Par Beckuto Vongola

Chronique également publiée sur le Webzine XSilence.net


Au seuil de l’appartement 4-IM situé au 13e étage, Syd Barrett attend sagement que Lou Reed et ses potes du Velvet Underground viennent lui ouvrir la porte. Durant la soirée bien animée et bien sonorisée par les Doors et le 13th Floors Elevators, ils se souviennent qu’à chaque fois qu’ils jouent ensemble, le monde les acclame. Au fil des échanges, l’envie de rejouer se fait sentir. Pourquoi ne pas repartir tous ensemble pour la quatrième fois ? Tout le monde acquiesce, mais que faire maintenant pour ne pas décevoir le public ? Choisir la facilité et reprendre la même recette magique ou changer un élément qui éveillera la curiosité du public ?

Ils décident finalement d’adopter la seconde option et de jouer un Rock Psychédélique dénué de longueurs. Des chansons ne dépassant guerre les quatre minutes, qui vont donc droit au but ! Mais encore une fois, ils décident de se cacher sous une autre identité, celle qui les a fait connaître : The Black Angels.

Comment ? Mon histoire ne tient pas debout ? Bon allez, c’est vrai nous sommes bien en 2013 et tout ceci n’est que fantasme, mais la musique est belle et bien réelle ! Alors parlons-en.


POUR CETTE 4è LIVRAISON…

… la mélodie prime avant tout et la voix quasi mystique en est l’instrument principal. Le groupe réussit à condenser tout ce qu’ils savent faire de mieux et ce, dans des chansons d’une durée de deux minutes et demie à quatre minutes et des petites poussières. Connaissant le passé du groupe on aurait pu redouter cet exercice, mais ils s’en sortent à merveille.

Le premier titre “Indigo Meadow” est parfait en tant que piste d’ouverture, ça ne m’étonnerait même pas qu’il soit placé en début de setlist pour leurs concerts. “Evil Things” est un bon mélange des deux principales facettes du groupe avec des couplets psychédéliques et des refrains remplis de fuzz, le tout dans un format court et extrêmement efficace. Difficile de résister au premier single “Don’t Play With Guns” complètement engagé et bien rentre-dedans avec un refrain tout simple, mais entêtant. La basse qui gronde apporte une lourdeur bienvenue, renforcé par le final à la limite du noise rock.


ON RETROUVE LES 60’S…

… avec “The Day” qui est une cousine de “Love Me Two Times” des Doors. “Love Me Forever” est sûrement la meilleure piste de cet album. Son ambiance sombre assez inquiétante, apporté par l’orgue et la guitare, est succulente. Le groupe nous ressert un refrain des plus simplistes, mais qui reste encore et toujours en tête. Et comme si cela ne suffisait pas, ils enchaînent avec le second meilleur morceau “Always Maybe”. L’ambiance, bien qu’hypnotique, est toujours assez inquiétante. Des voix quasi spectrales flottent sur toute la longueur de la chanson, et tout est magnifié par l’orgue et les guitares rempli de fuzz et de reverb.


LES DOORS SONT DE RETOUR…

… sur “Broken Soldier”. Côté musique, l’influence de Ray Manzarek est indéniable. Les paroles sont assez poignantes :

“Day one when the killing was done

I had a thought, could I do it or not?

It’s hard to kill when you don’t know whose side you’re on”

TBA “Broken Soldier”

Sur “I Hear Colors (Chromosthesia)” c’est l’Acid-Rock des Pink Floyd époque Syd Barrett qui s’invite volontiers. L’orgue est encore une fois la véritable star. Dans “Twisted Light”, je ne sais pas si c’est Alex Maas qui chante différemment ou si c’est un autre membre du groupe qui prend sa place, mais… c’est comme si Ozzy fusionnait avec Alice Cooper et ça surprend la première fois. Heureusement ça sert le morceau et amène un nouvel aspect à l’univers du groupe.

Cela aurait même eu un meilleur effet sur le morceau de clôture “Black Isn’t Black”. Sombre et menaçant, mais trop court. Oui, ce sentiment n’arrive que pour cette seule piste, juste à la fin. Ça décolle au bout de deux minutes, mais la progression est tellement bien menée qu’on oserait imaginer un long jam avoisinant les dix minutes. La formule d’Indigo Meadow étant ce qu’elle est, ils ont estimé que quatre minutes vingt étaient suffisantes. Dommage.


LES BLACK ANGELS ONT DONC DÉCIDÉ…

… de diversifier leurs compositions et de ne surtout pas rester cloîtré dans une formule ayant bien marché. Un peu de risque ne fait jamais de mal et le groupe s’en sort à merveille avec cet excellent quatrième album !

18 / 20

INFOS :

Label : Blue Horizon

Sortie : 02 Avril 2013

Site Officiel : The Black Angels

TRACKLIST :

  1. Indigo Meadow
  2. Evil Things
  3. Don’t Play With Guns
  4. Holland
  5. The Day
  6. Love Me Forever
  7. Always Maybe
  8. War On Holiday
  9. Broken Soldier
  10. I Hear Colors (Chromaesthesia)
  11. Twisted Light
  12. You’re Mine
  13. Black Isn’t Black