PROSE II

PROSE II

3 octobre 2013 0 Par Beckuto Vongola

Parfois il m’arrive de me poser à la fenêtre de bon matin, alors que tout le monde dort à la maison. Au-dehors aussi il n’y a pas l’ombre d’une personne, c’est calme et reposant. Seul le soleil est là pour me saluer quand il daigne se lever tôt. « Salut l’ami ! Ta journée commence là où la mienne va bientôt se terminer ». Peut-être est-ce pour préparer de beaux rêves que j’aime passer du temps à cette fenêtre ouverte, ou c’est juste que j’aime sentir cette douceur ambiante matinale qui, souvent, me rappel mon plus jeune âge. Celui où je commençais à me sentir grandir en empruntant tout seul le chemin de l’école primaire, se baladant seul un instant comme les adultes que j’observais encore à travers une fenêtre. J’aime me souvenir de ce bonheur produit par une simple marche matinale. Bien sûr au bout c’était le lieu tant redouté, mais aussi celui apprécié pour sa plus grande valeur: l’amitié. La retrouvaille journalière avec ses copains et copines, les discussions enfantines sur les épisodes de nos dessins animés préférés (cela n’a pas vraiment changé d’ailleurs), les combats de POG, le foot dans la cour de récré, les cartes “Pokémon” puis “Yu-Gi-Oh!”, la première amourette et malheureusement les premières bagarres conscientes. À cet âge-là on reste encore assez insouciant et c’est cette époque qui me fera toujours rêver.


Parce qu’à bien y regarder, il ne reste plus grand monde de cette époque dans mon entourage. Les copains/copines deviennent des étrangers qui ne vous reconnaissent plus, sûrement que vous n’évoluez pas dans leur sens ou que vous n’êtes plus assez bien pour eux. Votre meilleur ami vous fait des coups de pute et ne semble pas s’en rendre compte. Vous versez des larmes et faites face aux épreuves qui vous changent réellement. « Salut Moi ! Bienvenue dans ta nouvelle vie, je te souhaite de te reconstruire ! ». Bien sûr on y fait face, mais on y laisse des plumes. Parfois on regrette, on se questionne, mais au final on se dit qu’on est meilleur ainsi. Un nouvel ami remplace le fuyard ou plutôt le surpasse. C’est dur au départ, mais le bonheur ne s’acquit pas facilement… où serait la joie de l’avoir atteint sinon ?


Nostalgique, pensif, cette fenêtre ouverte déteint sur moi. Voilà que je me confie aisément, est-ce vraiment moi ? Le reflet me l’affirme.



extrait de “Proses et Vers d’Esprit”